Le service d’ambulance aérienne sera-t-il perturbé suite à la vente des deux aéroports de la ville d’Edmundston à Aéroport du Madawaska inc. ?

Depuis quelques semaines, certaines personnes font courir la rumeur que le service d’avion-ambulance pourrait être perturbé suite à la vente des deux aéroports appartenus par la ville d’Edmundston à Aéroport du Madawaska inc. (AMA inc.).

Selon le président d’AMA inc., monsieur Luc Michaud, la réalité est tout autre. Selon lui, il s’agit là d’une rumeur non fondée qui n’a pas raison d’être. «Notre organisme s’est donné comme mandat de développer et d’améliorer les services aéroportuaires dans la région du nord-ouest du Nouveau-Brunswick. Le service d’avion-ambulance figure au premier rang des services que nous voulons maintenir et améliorer.»

Afin de jeter un peu de lumière sur cette situation et de mieux comprendre les besoins en matière d’évacuation médicale pour notre région, j’ai pris l’initiative de consulter du personnel médical et les dirigeants d’Ambulance Nouveau-Brunswick inc., la compagnie responsable de livrer ce service au Nouveau-Brunswick.

Voici ce que j’ai trouvé :

  • Typiquement, le transport de patients par avion-ambulance est réservé à des patients ayant subi un trauma neurologique majeur, à des nouveaux nés avec certains problèmes congénitaux, à des patients qui ont perdu un de leur membre principal ou à des patients avec des problèmes cardiaques nécessitant une attention immédiate.
  • Les données indiquent que pour notre région, le nombre de patients nécessitant un transport par avion-ambulance se situe entre 50 et 70 annuellement.
  • Avant de transporter un patient dans un état critique par avion-ambulance vers un centre hospitalier spécialisé, le patient doit d’abord être stabilisé par l’équipe médicale de l’hôpital qui le reçoit.
  • Au Nouveau-Brunswick, l’avion-ambulance qui dessert l’ensemble de la province est stationné en permanence à l’Aéroport international du Grand Moncton situé à Dieppe.
  • Si les conditions météorologiques sont incertaines, on a souvent recours à un transport par ambulance terrestre plutôt qu’aérien pour transférer les patients.

Améliorer nos infrastructures aéroportuaires pour s’assurer de répondre aux besoins des aéronefs destinés au transport médical c’est une chose, mais nous devrions aussi travailler afin d’améliorer d’autres aspects du service d’évacuation médicale.

Voici certaines stratégies complémentaires qui nous permettraient d’améliorer les services aux patients nécessitant une intervention rapide et spécialisée :

  • Une forte proportion du budget en santé de la province est dépensé dans les centres hospitaliers de Fredericton, Moncton et Saint-Jean qui sont tous situés à moins de 120 minutes l’un de l’autre. Vu les courtes distances à parcourir et les services spécialisés existants dans les hôpitaux du sud de la province, il appert que la population du sud de la province peut, la plupart du temps, être bien servie par un transport médical routier.
  • Afin d’améliorer les services de transport médical par avion aux habitants du nord de la province qui sont plus éloignés des centres de services spécialisés, pourquoi l’avion-ambulance est-il stationné en permanence à l’extrémité sud de la province ?
  • Ne serait-il pas plus logique, juste et équitable d’installer l’avion-ambulance dans le nord de la province afin de rapprocher le service des régions plus éloignées qui n’ont pas tous les services des hôpitaux du sud de la province ?
  • Par exemple, pourquoi ne pas demander de garer l’avion-ambulance de la province dans un des aéroports situés dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick ?

À mon avis, il s’agit d’une belle occasion pour les 17 municipalités du Madawaska de se regrouper et de faire front commun afin d’améliorer un service important pour la région. Un dossier qui pourrait sûrement être piloté par la nouvelle Commission des services régionaux en collaboration avec le nouveau gestionnaire Aéroport du Madawaska inc.