Sommes-nous assez prévoyants?

À moins 25 degrés Celcius, je suis bien content ce matin d’être au chaud dans ma cuisine en train de siroter ma deuxième tasse de café et de naviguer le Web avec mon iPad en écoutant une toune de Lisa Leblanc à la radio. Ça m’amène à penser à mes grands-parents. En fixant mes armoires d'un regard distrait, je m’évade pour un instant et je m’imagine ce qu’était la vie un certain samedi matin du mois de janvier à Rosaireville dans les années 30.

Pas d’électricité, un poêle à bois, ma grand-mère au comptoir qui boulange son pain, les senteurs réconfortantes des fayots qui cuisent lentement sur le poêle à bois, les pets-de-soeur qui attendent pour être mis au four, le pot de confitures aux fraises au centre de la table, des armoires qui s’ont pleines de conserves de légumes et de fruits des champs qui ont été récoltés durant la dernière saison. Je vois mon grand-père et Roméo, l’ainé des garçons, sortir avec le chien pour aller traire Gertrude, ramasser les oeufs et nourrir les poules, les cochons, pis Zac le cheval. La besogne terminée, ils reviennent à la maison avec un siau d’eau fraîche et quelques bûches pour le poêle.

La vie était certainement très différente et les hivers très rigoureux. Les gens devaient travailler dur afin de s’approvisionner et faire des réserves pour l’hiver. Peu importe le temps qu’il ferait, leurs réserves devraient les amener au printemps suivant. Mon grand-père disait: «S’il mouille y mouillera, s’il neige on peltra pis s’il fait froid on s’chauffra.»

Soudainement, une question me vient à l’esprit et boom! me voilà revenu dans ma cuisine. Si je manque d’électricité, si je n’ai plus accès à l’essence pour ma voiture, si je ne peux pas me rendre à l’épicerie, ai-je suffisamment de réserves pour vivre 2 jours, 1 semaine, 1 mois? Mes grands-parents avaient la vie dure, mais ils étaient autosuffisants. Ils pouvaient vivre plusieurs mois sans avoir à se soucier s’ils pouvaient se chauffer, se nourrir et subvenir à leurs besoins.

Aujourd’hui, avec toutes les facilités qui nous entourent on se sent souvent supérieur, en contrôle et en sécurité. Pourtant, si nous expérimentons une panne d’électricité (spécialement à moins 25 degrés Celcius), il n’y a plus de chauffage, plus de guichet automatique, plus d’internet... Si la panne dure 2 heures, ce n’est pas trop grave. Mais, si l’électricité ne revenait pas avant 24 heures, 2 jours, 1 semaine? Serais-je prêt? Pourrais-je survivre avec mes moyens et mes réserves pour plusieurs semaines?

OK, assez de «rêvage», je me prépare une autre tasse de café et je me fais un plan. Un plan de «survivance» comme dirait Pélerin. Pis lorsqu’il sera prêt, je te le partagerai.

Bon weekend!