Qui était Olisine Daigle?

Le printemps dernier je rendais visite à mon ami Luc Cyr de Baker-Brook. À mon arrivée chez lui, je remarquai une photo ancienne d’un homme accrochée sur un des murs de son atelier. Je lui demandai alors qui était ce personnage. Il procéda à m’expliquer qu’il s’agissait d’une photo d’Olisine (sur certains documents Onésime) Daigle. Pendant qu’il me racontait l’histoire de monsieur Daigle, il s’approcha d’une petite armoire située près de sa table de travail, ouvrit un tiroir et me remit des lettres et des documents comme appui à ce qu’il me racontait.

Voici, en résumé, ce que contenaient les documents que me partagea Luc. Olisine Daigle était le fils d’un fermier de la paroisse de Saint-Hilaire. Il est né le 10 juin 1885. À l’âge de 31 ans, il s’enrôla dans l’armée canadienne le 6 mars 1916 à Lethbridge, Alberta, Canada. Il fut tué par balle sur le champ de bataille en France, le 2 juillet 1917. Son nom est inscrit à la page 224 du Livre du Souvenir de la Première Guerre mondiale.

Olisine fut inhumé au cimetière britannique de la Targette situé à Pas de Calais, France. Ce cimetière se trouve au sud-ouest du village de Neuville-Saint-Vaast, du côté nord-ouest de la route qui mène au village de Maroeuil.

Ce qui me toucha le plus de l’histoire d’Olisine fut une lettre adressée à sa soeur Alice et écrite de la main de son compagnon de combat, P. Levesque. Je vous invite à prendre connaissance de la lettre qui suit.

Lettre envoyée par Olisine Daigle

Chacune des histoires des vaillants soldats qui ont perdu la vie au combat durant l’une des nombreuses guerres auxquelles le Canada a participé sont toutes aussi touchantes les unes que les autres. Je peux juste m’imaginer le visage et la réaction d’une mère et d’un père qui reçoivent l’horrible nouvelle que leur fils ou leur fille est mort au combat. Quelle tristesse! Quel émoi! Quelle tragédie!

Et que dire de ceux et de celles qui sont revenus de la guerre. Ils et elles ont tous et toutes été blessés: certains physiquement, mais tous émotionnellement.

La journée du Souvenir nous invite à nous remémorer ceux et celles qui ont perdu la vie pour leur patrie. C’est aussi l’occasion de se questionner sur le sens de la vie, de la mort, de la paix, de la justice, de la liberté et de la guerre.

Pourquoi la guerre? Est-elle dans la nature humaine? Est-elle, comme le dit Antoine de Saint-Exupéry, une maladie? Est-elle vraiment la façon d’arriver à la paix? Le pouvoir, le contrôle, l’argent, les ressources, les croyances, l’intolérance face aux religions, aux différentes cultures et aux orientations sexuelles, sont autant de raisons pour lesquelles les hommes s’entre-tuent. La guerre est source de douleur, d’isolement et d’appauvrissement.

Le regretté président américain John Fitzgerald Kennedy disait: «l’humanité devra mettre un terme à la guerre, ou la guerre mettra un terme à l’humanité.»

Récemment, deux de mes amis l’ex-soldat Gino Roussel et l’artiste Vicky Lentz ont posés des gestes dans le but de nous amener à réfléchir sur les conséquences des armes à feu et de la guerre. Leurs actions ont été remarquées. En effet, l’équipe de Second Regard est récemment venue s’entretenir avec Gino et Vicky. Les propos francs de Gino m’ont grandement touché et portent à réfléchir. Écoutez le magnifique reportage de Second Regard en cliquant ici.

Je prends ici l’occasion de féliciter Gino et Vicky de leurs actions. Gino je te dis BRAVO! pour tes gestes qui parlent et ton courage pour avoir exprimé ouvertement tes inquiétudes vis-à-vis les armes à feu et la guerre. Quelle belle façon d’aider à guérir des blessures émotionnelles. MERCI!

Vicky, je te dis BRAVO! pour avoir été sensible à l’appel de Gino et d’avoir agit en créant une pièce d’art pour interpeler les gens et les amener à réfléchir sur des défis importants pour la race humaine. Merci de partager ton temps, ton talent et ton art avec les membres de ta communauté!