Avez-vous reçu la visite d’un Landman récemment ?

Si vous êtes un adepte de films westerns, vous avez probablement votre propre définition de ce qu’est un «landman». Plusieurs réalisateurs, dont Paul Thomas Anderson dans son très bon film There will be blood, ont déjà peint un portrait peu envieux de ce métier et du métier de «Oil Man». Toutefois, pour une compagnie pétrolière, le métier de «landman» en est un de grande importance puisque ce personnage doit démontré un doigté et un savoir-faire exceptionnel afin de négocier des droits de passages ou des droits miniers avec des propriétaires très souvent sceptiques et craintifs.

La description la plus juste du travail de «landman» que j’ai trouvée est celle-ci : «Landman makes the mineral-rights contract with the landowner for the investors that want to develop the mineral rights. He also is adept at researching County Records for all kinds of information, and he scouts for the investors (or himself) to see what other opportunities are possible.»

Or, depuis un certain temps, plusieurs personnes de la région ont reçu la visite d’un tel professionnel qui représente la compagnie albertaine TransCanada PipeLines Limited. Mais que recherche cet individu? Et bien, sa visite a pour but de connaître la réaction et l’intérêt des propriétaires de terrains où pourrait passer le futur pipeline que la compagnie vise à installer entre Hardisty, Alberta et Saint John, Nouveau-Brunswick. Certains propriétaires de la région se sont récemment fait offrir de l'argent pour laisser la compagnie creuser dans le but d'effectuer des analyses de sols sur leurs terrains.

TransCanada PipeLines avance que l’Oléoduc Énergie Est sera d’une longueur de 4 400 kilomètres et transportera environ 1,1 million de barils de pétrole brut par jour de l’Alberta et de la Saskatchewan vers des raffineries de l’est du Canada.

Actuellement, le plan de la compagnie comporte les grands volets suivants :

  • La conversion d’un gazoduc existant en un pipeline de transport de pétrole.
  • La construction de nouveaux oléoducs en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, dans l’est de l’Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick pour relier le pipeline converti.
  • La construction des installations connexes, des stations de pompage et des terminaux de réservoirs nécessaires pour transporter le pétrole brut de l’Alberta vers le Québec et le Nouveau-Brunswick, y compris des installations maritimes pour faciliter l’accès à d’autres marchés par navires-citernes.

Or, il se trouve que la région d’Edmundston se retrouve dans le tracé du futur oléoduc. Il est important de savoir qu'au Canada les droits miniers sont de juridiction provinciale, mais que la construction d'un pipeline traversant plusieurs provinces répond à la loi sur l'Office national de l'énergie et donc relève du gouvernement fédéral. Des consultations publiques sont prévues dans les prochaines semaines afin de répondre aux questions ou préoccupations des gens. À Edmundston, des représentants de la compagnie TransCanada seront présents à la Salle Godbout, au 34, 37e Avenue le lundi 19 août entre 16 h et 20 h pour vendre leur projet et recevoir nos questions et discuter de nos préoccupations en rapport avec cet important projet.

Alors, si nous avons des questions, qu’elles soient d’ordre économique, environnementale, ou autres, n'hésitons pas à les poser. Une fois que les grues seront arrivées, il sera trop tard pour intervenir.

Sources : Analyse du projet d'oléoduc de TransCanada avec Piere-Oliver Pineau, spécialiste des questions énergétiques HEC Montréal., Le projet de pipeline transcanadien suscite espoir et craintes au N.-B.